On le racontait tout à côté de l'église St-Cyprien.
Un message de Noël, sous forme de récit :Sur un sentier raide et pierreux, j'ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère.
-- Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau.
Elle me regarda et dit :
-- Ce n'est pas un fardeau, monsieur, c'est mon frère.
Je restais interdit. Le mot de cet enfant s'est gravé dans mon cœur.
Et quand la peine des hommes m'accable, et que tout courage me quitte, le mot de l'enfant me rappelle :
-- Ce n'est pas un fardeau que tu portes, c'est ton frère.
(Le journal des 3 cités, Poitiers)
-- Et toi, Père Noël, es-tu content de ces fêtes ?
-- Pas mal ! J'ai beaucoup circulé. J'ai vu qu'on avait mis mon portrait partout, en grand ou en petit, avec manteau rouge et fausse barbe blanche.
Y a que dans les églises qu'on m'avait oublié.
Alors, la nuit, je me suis trouvé tout seul dans la rue.
Heureusement, j'ai rencontré un garçon qui faisait la manche, avec son chien, et il m'a dit : Reste pas ici. Là-bas, au Secours, on offre un réveillon gratuit à tous ceux qui sont paumés, comme nous. Viens !
En y allant, je lui ai raconté ce que j'avais découvert, sur une revue. En passant devant le magasin, je vois le titre :
Père Noël : regrettable tromperie ?
C'est interdit, mais je l'ai fait quand même.
Avec mon manteau rouge et blanc, personne ne m'a remarqué ...
J'ai ouvert le bouquin, et j'y ai trouvé ma photo, à côté du portrait de M. Kant. Il paraît que, s'il était encore là, il voudrait qu'on ne parle plus jamais de moi, surtout pas aux enfants.
Lui qui avait Emmanuel pour prénom, il ne devait pourtant pas être contre Noël ...
Mais les philosophes, on ne les comprend pas toujours ...
J'ai vu aussi sur un mur un dessin qui se moquait de moi.
Dans la salle d'accueil, j'ai entendu un enfant dire que le Père Noël était reparti vers le Pôle Nord. Il paraît que la télé a montré ma maison, en Finlande, avec des lutins !
D'autres criaient que le Père Noël n'existe pas.
Je n'existe pas ? Alors quoi ? Tout cela n'était donc qu'un rêve ?
Moi, je dis : Un beau rêve ! ! !


