C'était une bande de bons copains . . .
 
- Qu'est-ce que tu as fait hier, Thomas ?
 
- Moi, j'étais chez mon oncle Jo, un frère de mon grand père. J'aime bien aller le voir, il a toujours des tas d'histoires à raconter.   Quand il ne connaît pas la réponse à nos questions, c'est amusant, il en invente une, ou bien il s'en tire par une blague.
  Notre-Dame-la-grande, Poitiers
L'autre jour, je lui ai demandé pourquoi, au-dessus des églises, il y a une tour, souvent avec une flèche.
Tonton Jo m'a répondu :

  - Tu vois, Thomas, ça fait partie du paysage.   Et puis on peut y installer une girouette, ce qui indique le sens du vent et permet de prévoir le temps du lendemain.     On peut aussi le prendre comme point de repère.
 
Lui qui a fait son service militaire à Poitiers, dans un régiment d'artillerie, il n'a pas oublié les exercices d'orientation qu'on leur faisait faire dans la campagne :
  - Là, tu as le clocher de Notre-Dame, c'est le point le plus haut. A deux doigts à droite, qu'est-ce que tu vois ?

Charroux, 86250    Euh, oui...     Ces clochers aujourd'hui, ça ne sert pas à grand chose.
Mais ceux qui les ont construits, il y a bien longtemps, étaient fiers de montrer qu'ils étaient de bons architectes, que c'était du solide, qui ne risquait pas de s'écrouler.
 
  Dans l'Antiquité, les Grecs étaient très fiers du Phare d'Alexandrie, qui était très haut. Une des merveilles du monde !   Mais quand il y a eu un tremblement de terre, il est tombé dans la mer.   Maintenant les archéologues essaient d'en récupérer les morceaux au fond de l'eau.

 
- Tout ça est très bien. Mais quelle est la vraie raison ?
Pourquoi se faire remarquer en construisant plus haut que toutes les maisons autour ?

 
     Qui pourrait nous donner une réponse vraie ?
  Quand les cloches sonnent . . .  
 
      Aujourd'hui, c'est surtout pour appeler les gens à la messe :
            Attention ! c'est l'heure, c'est le moment de se mettre en route.

 
- Ceux qui habitent un peu loin, s'ils attendent les cloches pour partir . . . ils arriveront en retard.
- Même ceux qui n'habitent pas loin arrivent aussi en retard : pas de la faute aux cloches !

 

    J'ai trouvé dans le dictionnaire qu'autrefois, il y a longtemps, quand les sirènes n'étaient pas encore inventées, on sonnait les cloches par exemple pour appeler à l'aide en cas d'incendie.
Il y avait aussi ce qu'on appelait le tocsin, en cas de menaces graves, de guerre ou autres.


      - Justement, je voulais te dire . . .
Je suis retourné poser des questions à mon oncle Jo, et je lui ai dit : Réponds-moi sérieusement.

     - Et qu'est-ce qu'il a dit ?
 
      - Il a répondu : D'accord !
 
Mon oncle, il s'intéresse beaucoup à l'histoire, surtout à l'histoire de France
et voilà tout le discours qu'il m'a fait, sans blaguer, pour une fois :
J'avais été frappé, en étudiant l'histoire, quand on parlait du massacre des protestants de la Saint-Barthélémy, en 1572 ( 3000 morts déjà, hélas ! ) : on disait que pendant ce temps les cloches de l'église St-Germain-l'Auxerrois sonnaient le tocsin.
Amiral Gaspard de Coligny, 1519-1572 Un jour, en visitant Paris, je suis allé voir cette église.
En effet, elle est proche du Louvre. Maintenant, à une rue qui passe devant l'église, on a donné le nom de Coligny (une des victimes du massacre). Depuis ce temps-là, on a reconnu l'erreur, et que l'intolérance religieuse n'est pas du tout une bonne chose. Si à des raisons politiques on met une étiquette religieuse, ça ne donne rien de bon.
- Souvent, en faisant ça, on trahit l'esprit même de la religion que l'on prétend défendre.
 
- Je ne connaissais pas l'histoire.
Est-ce que c'est le même Coligny qui avait envoyé un boulet sur la cathédrale de Poitiers ?

- Oui ! des guerres de religion, c'est pas beau, tu sais !
 
Mais je voudrais te dire encore quelque chose, à propos des cloches :
pour moi, les cloches chantent la vie, pas la mort. Par exemple, pour un baptême.
Et même le glas qui sonne pour un mort, je crois que malgré notre peine à ce moment-là, c'est tout de même pour dire qu'on croit à la vie.
 
Parce que Jésus, le Christ, en passant par la croix et la mort, il nous ouvrait la porte pour nous ressusciter avec lui, et qu'on puisse vivre pour toujours avec lui.
- L'autre jour, à l'aumônerie, on nous disait la même chose !
- Moi, quand j'entends les cloches, cela me fait penser à Jésus vivant. Même quand elle se font entendre à l'occasion des attentats horribles de New York et de Washington.
 
J'entends alors comme la voix de Dieu qui dit :  réconcilation,  paix,  amitié  !
- Ah ben ! Tonton Jo, quand tu veux être sérieux, c'est pas rien !
Et toi, que penses-tu de tout cela ?

Retour à la première page     E-mail de Paroles de jeunes     Pour une autre "question"